«La mise en place des Comités de Droits Humains et le contrat proposé par ICI nous aident dans le cadre de la paix et la cohésion sociale dans nos différentes circonscriptions.» a révélé M. Gueu Ven Jean Noël, Sous-préfet de Grabo dans le département de Tabou, à l’occasion de l’atelier de capitalisation du projet Innovation Travail Forcé tenu les 05 et 06 février 2026 à Yamoussoukro. 

Ce projet pilote a débuté en 2019 et avait pour objectif de développer et tester des outils, des approches et des mécanismes visant à mieux identifier, prévenir et répondre aux cas de travail forcé dans la cacaoculture. Il a été mis en œuvre dans cinq communautés en Côte d’Ivoire dans les régions de la Nawa (Sokoura), de San-Pédro (Massata et Youkou) et du Guémon (Gbapleu et Bakarikro).  

La première phase  a été axée sur une collaboration étroite avec les acteurs du secteur cacaoyer afin d'identifier les problèmes les plus courants en matière de droits du travail et les risques de travail forcé en se basant sur les indicateurs de mesure du travail forcé des directives adoptés à la 20ème Conférence Internationale des statisticiens du travail au BIT 

Dans le cacao, les plus grands risques sont, par exemple, la rétention des salaires(ce qui crée une dépendance économique et restreint la liberté des travailleurs de quitter leur emploi), les travailleurs effectuant des tâches qui n'étaient pas spécifiées au moment du recrutement (ce qui compromet leur capacité à donner leur consentement libre et éclairé), et les travailleurs exposés à des conditions de travail dangereuses (par exemple, absence d'équipement de protection individuelle, absence de pauses).  

« Je ne savais pas qu’on pouvait parler de travail forcé de nos jours dans nos plantations » a déclaré Hélène Kouamé, directrice de la coopérative ECAMON de Méagui ajoutant que grâce au projet d'ICI, elle comprenait désormais les risques les plus courants présents dans le secteur du cacao aujourd'hui. 

Le projet a continué avec le développement d’autres outils de 2021 à 2025 pour renforcer la prévention du travail forcé dans les communautés cacaoyères. Il s’agit entre autre, des outils de sensibilisation et de formation, des outils de réponse tels que des modèles de contrats en version écrite et graphique proposés entre employeurs et travailleurs et ; des politiques travail forcé et droits humains pour entériner l’engagement des coopératives à contribuer à la lutte contre ce phénomène. 

A partir de 2023, le projet est entré dans sa seconde phase avec la mise en place des Comités de Droits Humains (CDH) au sein des coopératives du projet. Ces CDH, se conformant aux exigeances sociales en matière de certification, ont pour rôle de veiller au respect des droits humains dans les coopératives et leurs communautés cacaoyères. Ils mènent des activités de sensibilisation, d’identification des risques liés aux droits humains, de réception et gestion des réclamations, de réferencement et d’appui à la signature de contrats imagés proposés par ICI.   

« Entre 2023 et 2025, c’est au total 471 contrats qui ont été signés entre les travailleurs agricoles et leurs employeurs. » a annoncé Alexandra Azaud, Spécialiste Travail Forcé en charge du projet. 

« Grâce à ces contrats imagés, les travailleurs et les producteurs savent ce qu’ils doivent faire et ce qu’ils ne doivent pas faire » a témoigné Kouassi Affoué Angèle, membre du Comité de Droits Humains de la coopérative ECAMOM à Sokoura. « La mise en place des Comités de Droits Humains a réduit les plaintes entre travailleurs et employeurs qui me parvenaient en abondance en tant que chef de village. Ces conflits d’autrefois ont été réglés avec les activités du CDH notamment les sensibilisations et les signatures de contrats. » a rajouté Thé Thaud Gilbert, chef de village de Youkou et représentant de la chefferie dans le CDH de la coopérative SOCOOPEM dans ledit village. 

Après cinq années de mise en œuvre, l’heure est venue pour ICI de laisser la main aux coopératives et aux communautés. « Vous avez tous les outils qu’il faut pour poursuivre le travail déjà entamé. Nous comptons sur vous et nous tenons à votre disposition pour tout appui technique lié à la question du travail forcé. » a déclaré le Directeur Pays d’ICI Monsieur Mel Alain Didier Lath à l’endroit des dirigeants des coopératives et des membres des Comités de Droits Humains. 

Le Sous-préfet de Grabo M. Gueu Ven Jean Noël a témoigné sa reconnaissance à la Fondation ICI avant de rassurer les membres des CDH de l’accompagnement des autorités locales. « Il est vrai qu’ICI se retire, mais nous avons les coopératives qui vont prendre le relais. Il nous appartient en tant qu’autorité préfectorales d’accompagner ces structures qui travaillent dans le domaine de la cacaoculture en prenant en compte la question des droits humains. » a-t-il ajouté. 

Avec l'aide de ses membres et partenaires, l'ICI tire les enseignements du projet pilote et s'attèle désormais à soutenir la mise en œuvre des outils et des approches à une échelle beaucoup plus large. 

Photo du préfet
Le prefet s'exprime
Présidente de cooperative
Vue d'ensemble salle
Alexandra specialiste TF
DP Mel Alain Didier
Intervention du DP
Remise de Feuille de route au Préfet
Benjamin Boa Coordonnateur des Bureaux regionaux et des Projets
Atelier pratique