On estime à 1,56 million le nombre d’enfants astreints au travail des enfants en Côte d’Ivoire et au Ghana.

Le travail forcé est bien moins fréquent dans la chaîne d’approvisionnement de cacao, mais ses conséquences peuvent être plus sérieuses.

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Le travail des enfants est une problématique complexe. La grande majorité du cacao en Afrique de l’Ouest est produit par des petits exploitants. Les ménages vivant dans des régions productrices de cacao font face aux réalités de la pauvreté rurale, comme la rareté des terres, l’insécurité alimentaire, un accès limité à une éducation de qualité, un manque d’accès à de l’eau potable, et des services de santé inadaptés.

Des études montrent que la plupart des enfants qui travaillent sur des exploitations de cacao le font pour le compte de leur famille directe ou élargie. Tous les cas ne sont pas considérés comme du travail des enfants. Toutefois, lorsque le travail nuit à la santé, au développement ou à l’éducation de l’enfant, celui-ci est qualifié d’inacceptable, conformément aux conventions internationales. En effet, il peut avoir des conséquences négatives sur les générations futures; c'est pourquoi nous considérons le travail des enfants comme étant simultanément un symptôme et un facteur contribuant au cycle de pauvreté.

Outre ces situations, d’autres pratiques relevant de l’exploitation existent. Le travail forcé des enfants est un risque présent dans la chaîne d’approvisionnement de cacao, bien qu’il soit généralement moins courant. Lorsque des enfants sont retirés de leur famille, avec ou sans leur consentement, pour être exploités dans la production de cacao, il s’agit d’un cas de traite d’être humain. (Voir ci-dessous pour une définition plus détaillée du travail des enfants et des autres formes d’exploitation).

Qu'est-ce que le travail des enfants ? ....

Le travail des enfants est défini par l’Organisation internationale du Travail comme un « travail qui prive les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et qui nuit à leur développement physique et mental ». (Les conventions 138 et 182 de l’OIT mentionnent le travail des enfants).

Tout travail effectué par des enfants n'est pas considéré comme du travail des enfants. Par exemple, les enfants qui effectuent des tâches légères et sans danger sur l'exploitation familiale pour une durée limitée, sous supervision, et sans que ces tâches compromettent leur scolarité, réalisent un travail considéré comme acceptable.

Pour de nombreuses familles, ce type de travail est souvent nécessaire à leur bien-être. De plus, il contribue au développement des enfants, puisqu’il leur permet d'acquérir des compétences et une expérience qui les prépareront à leur future vie d’agriculteur.

Cependant, lorsque les activités sont dangereuses, comme le port de charges lourdes ou l’utilisation d’outils tranchants, que les heures de travail sont trop longues, ou que le travail interfère avec la scolarité de l’enfant, ces tâches sont qualifiées de travail des enfants et sont donc interdites. 

Le Ghana et la Côte d’Ivoire ont tous deux défini une liste de tâches dangereuses que les enfants n'ont pas le droit de réaliser en vertu de la loi, ainsi que des limites par âge du nombre d’heures de travail qu’un enfant est autorisé à effectuer. Consultez notre analyse comparative des décrets portant sur le travail des enfants au Cameroun, en Côte d’Ivoire et au Ghana.

La traite des enfants et le travail forcé se distinguent du travail des enfants et sont des formes extrêmes d’exploitation des enfants. La traite des enfants implique qu’un enfant est déplacé de son milieu protecteur, à l’intérieur des pays ou à travers les frontières nationales, avec pour intention de l’exploiter. Le travail forcé des enfants qualifie un travail accompli en raison d’une peine, ou sous la menace d’une peine, imposée par un tiers autre que ses propres parents. Le travail forcé des enfants peut également se produire si le parent est lui-même soumis au travail forcé. Apprenez-en plus sur le travail forcé.

Le travail des enfants au fil des saisons

Les enfants vivant dans des régions productrices de cacao sont davantage menacés par le travail des enfants à certaines époques de l’année en raison de la fluctuation des besoins de main-d'œuvre observée au fil des saisons. Les enfants peuvent être appelés à travailler plus souvent lors de périodes spécifiques de l’année, par exemple au moment de la récolte. Les vacances scolaires, durant lesquelles les enfants ont plus de temps libre, sont également des périodes connues où le nombre de cas identifiés de travail des enfants a tendance à être plus élevé. Ces observations sont cruciales au moment de développer des solutions, car elles peuvent aider à cibler les interventions et à mettre en place un suivi de protection durant les époques de l’année où les enfants sont davantage à risque.


Nous pensons que ces problèmes complexes peuvent être gérés de manière efficace par des efforts collectifs, coordonnés et constants de la part de toutes les parties impliquées, aussi bien directement qu’indirectement, dans la chaîne d’approvisionnement de cacao.